Mardi 26 décembre 2006 2 26 /12 /Déc /2006 18:42
Encore une fois, c’est du grand froid canadien que nous viennent deux des albums les plus chaleureux du moment.
C’est tout d’abord STEPHEN BEAUPRE, par ailleurs membre de Crackhaus avec son complice Deadbeat, qui sort le tigre du moteur sur son premier album "Foe destroyer".
Cette merveille technologique, véritable outil de précision neuro-chirurgical, à l’instar des productions des californiens de Matmos, passe le funk et la house au scalpel numérique et reconstitue en laboratoire une formidable machine à danser, suintante de groove et de sensualité, comme en témoigne le vicieux single "Les filles" qui arriverait à transformer un bloc de médecine légale en dancefloor surchauffé.


 C’est le principe inverse que tente d’appliquer le duo canadien JUNIOR BOYS sur leur second album "So this is goodbye".
À l’aide de petites comptines doucereuses et sirupeuses, ils reproduisent une électro-pop glacée digne des grandes heures d’OMD, d’Ultravox ou de Visage, mais remise au goût du jour grâce à une production léchée et minimaliste proche de celles de leurs camarades new-yorkais de Metro Area.
Une petite gâterie givrée d’acide fondant présentée dans un écrin de velours.


 Enfin, saluons la nouvelle parution une nouvelle fois imparable des lointains cousins californiens de nos chers Ecossais de Boards of Canada. Quatre ans après le déjà somptueux "Whats come inside of you", FREESCHA revient avec "Head Warlock Double Stare", toujours sur le micro-label Attack Nine.
Fidèle à leur ligne de conduite, la recette n’a pas changée d’un iota. Toujours ces mêmes mélodies de pianos filtrés et désaccordés baignant dans des nappes brumeuses et des rythmiques métronomiques saturées. On s’imagine évoluant transis dans les décors fantomatiques de vieux films de Carpenter ou d’Argento, foulant les longs couloirs de l’Overlook Hotel de Shining ou cobayes enfermés dans les cliniques psychiatriques déshumanisés des premières œuvres de Cronenberg.
Freescha nous fournit la parfaite camisole auditive pour évoluer dans leur cellule capitonnée dont eux seuls possèdent les clés.
Dans la ouate, personne ne vous entendra crier…

Par Jeff - Publié dans : Musique
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