Samedi 10 septembre 2005
 Avec un peu de retard, voici mes derniers coups de coeur, même si certains datent de cet été voire du printemps.

 A commencer par le premier album de NÔZE intitulé "Craft Sounds And Voices" sur leur propre label Circus Company.
Aprés les avoir découverts au festival NuZiq (voir un peu plus bas), ce premier album ne fait que confirmer tout le bien que je pensais d'eux même si je préfère leurs versions sur scène que sur disque.
Nous retrouvons les ingrédients qui font leur particularité à savoir un savant mélange entre minimal-house, free-jazz et folie douce.
Ce disque possède tout de même le potentiel de mettre du baume au coeur et d'inciter à chanter à tue-tête dans sa bagnole, le pied au plancher et les cheveux au vent.
Rotation permanente sur mon auto-radio tout l'été...

Tout aussi déjanté, le premier album de THE JUAN MAC LEAN sur DFA, "Less Than Human", nous fait revenir plus de vingt ans en arrière en nous resservant LE son originel des eighties tout en kitscheries analogiques de tout poil et en grooves funk lascifs.
Cet incroyable album, produit par les sorciers de DFA dans leur studio New-Yorkais, nous fait revivre les folles années du Palace et ravive la petite flamme nostalgique dans le coeur des anciens combattants.
Ceux-ci resteront partagés entre irrésistible bonheur et gros coup de blues ...

 Pour rester dans le même esprit nostalgique et onirique, voici une vraie perle: le nouvel album d'ISOLEE sur Playhouse, "We Are Monster".
Même s'il est tout seul aux commandes du navire, Rajko Muller n'en reste pas moins un monstre de mélodies et d'ambiances sublimes.
Beaucoup plus abouti et plus homogène que son premier album "Rest" paru en 1998, ce trés attendu successeur nous fait rapidement oublier ces sept longues années d'attente en nous délivrant une succession d'hymnes technoïdes destinés autant aux dancefloors qu'aux sofas moelleux.
Les nappes analogiques sont soyeuses et les beats tranchants et martiaux.
Ici l'ambiance générale est également aux souvenirs tant nous baignons constamment entre les premières heures de la techno pionnière de Détroit et la grande époque de Warp lorsque Sheffield était encore la capitale mondiale de la musique électronique ...
Et pour couronner le tout, Rajko nous refait le coup de son tube interplanétaire "Beau Mot Plage", en nous offrant en guise d'épilogue un "Pillowtalk", suite tout aussi jouissive car composée des mêmes éléments, une véritable symphonie d'arpégiateurs surnaturelle...

Pour changer totalement de registre, voici le superbe album de 13 AND GOD, sorti en collaboration entre les californiens d'Anticon et les allemands d'Alien Transistor.
En effet nous avons ici à faire à un groupe hybride, fusion improbable entre les rappeurs de Themselves et les post-rockeurs de The Notwist.
Alors que sur le papier tout semblait les éloigner, il s'avère en fait que l'alliage prend à merveille et que le résultat de cet enfantement contre-nature sonne de manière étonnement cohérente.
Nous arrivons à distinguer les contributions de chaque partie de ce monstre bicéphale et, à l'instar de la collaboration Hood/Clouddead, cet album rajoute une pierre à l'édifice et contribue une fois de plus à briser les idées reçues comme quoi on peut rassembler le monde du hip-hop à celui du rock.
On se met maintenant à rêver d'un impossible mariage entre Sole et Lali Puna, pourquoi pas ?

 Et pour terminer cette petite revue d'effectifs en beauté, mon coup de coeur de ces derniers mois s'appelle RICHARD DAVIS, avec son album "Details" sorti chez Kitty-Yo.
Le chanteur de Swayzak signe ici un album solo absolument grandiose et qui risquera fort de se retrouver dans mon top five de l'année.
Alors que les fans du dernier Swayzak auraient pu être légèrement déçus par l'album solo un peu trop hermétique de James Taylor, ici ils retrouveront les mêmes atmosphères ténébreuses qui magnifiaient le chef-d'oeuvre magistral de l'an dernier.
La trés émouvante voix de Richard Davis vient recouvrir d'un voile diaphane des orchestrations dépressives et angoissantes alors que sortent de nulle part des rythmes plombés mais lumineux.
On passe ici constamment du lunaire au solaire, du glacial au luxuriant.
Mais là ou le Swayzak sonnait aérien et éthéré, ici il est plus question d'ambiances telluriques et bucoliques.
Nous ne sommes jamais trés loin de l'esprit vagabond des frères de Hood dont les voix susurées et cotonneuses ne peuvent échapper à la comparaison.
Et que dire des ces rages de cordes apocalyptiques dignes des plus noires heures de Lucky Pierre et de Third Eye Foundation réunis.
Vous l'aurez devinés, le ton général est plus au dépressif qu'au festif même si les rythmiques majoritairement house tentent constamment de nous traîner vers d'inatteignables pistes de danse.
Nul doute que cet album constitue déja le complément idéal de son jumeau "Loops from de Bergerie" tout en évitant la simple imitation, il ne fait au contraire que placer la limite du sublime encore une marche au dessus, en attendant avec frénésie la prochaine livraison divine de cette bande de bergers ...
Par Jeff - Publié dans : Musique
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