Mercredi 20 juillet 2005
 Longtemps que je n'avais pas vu le même groupe sur scène à 3 jours d'intervalle, et surtout que je n'avais plus fait autant de bornes exprés pour cela, tel un fan de base (est ce bien raisonnable à mon grand âge et alors que je vais bientôt devoir redoubler de responsabilitées ?).
Quel groupe actuel me séduit autant au point de me pousser à traverser la Méditerranée jusqu'à Calvi et,à peine rentré sur le continent, me fait dare-dare reprendre la route jusqu'à l'ile du Gaou pour une piqure de rappel ?
Tout cela quasiment un an aprés les avoir vu pour la première fois embraser le grand auditorium du palais des festivals de Cannes lors d'une soirée d'anthologie (relatée ici-même).
Pourquoi suis-je devenu si accro à ces 5 allumés new-yorkais au point de guetter tous leurs faits et gestes, de collectionner toutes leurs sorties ainsi que celles de leurs collaborateurs et camarades de label, et même de me remettre à acheter des T-shirts de groupe (le dernier en date devait être celui de Bedhead vers 1993) ?
Un des éléments de réponse pourrait provenir de la formule de l'alliage qu'ils ont réussi à re-synthétiser à partir des vieilles données laissées à l'abandon par d'illustres ainés sévissants déja dans la même cité qu'eux il y a plus de vingt ans.
Actuellement ils sont les plus à-même de reproduire le son et l'esprit qui régnait à l'époque dans cette formidable marmite qu'était la grande pomme de la fin des seventies au début des eighties.
Qui mieux qu'eux peuvent se targuer de nos jours de distiller un tel cocktail en extrayant la quintescence de tous ces styles qui s'entrechoquaient de manière unique à la même époque et dans le même périmètre (punk, no-wave, disco, funk, ...), tout en puisant des éléments d'autres scènes influentes venues d'europe au même moment.
Ces 5 individus sous la houlette de leur mentor James Murphy, véritable gourou de cette nouvelle scène new-yorkaise via son label DFA, arrivent à amalguamer le funk blanc des Talking Heads, les percus entétantes de Liquid Liquid, le groove sombre d'A certain Ratio, le phrasé épileptique de The Fall, les rythmiques métronomiques de Can et Neu, la disco de Larry Levan et de son Studio 54 et même la house naissante de Chicago (formidable instant que cette reprise hallucinée du tube séminal de Carl Craig en cloture de leurs concerts).
Et que dire de cette merveilleuse paire de duettistes qu'est Pat Mahoney à la batterie et Tyler Pope à la basse, une des meilleures sections rythmiques du moment, formidable machine à danser à eux deux et véritables incarnations humaines de leurs équivalents analogiques que sont la TR909 et la TB303.
Rien que pour les voir amener à bras le corps le LCD Soundsystem comme une locomotive en feu, cela justifie amplement le déplacement, voire même la régression vers un certain fanatisme perdu...
Par Jeff - Publié dans : Musique
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