Lundi 4 juillet 2005
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Forts du succés de la première édition l'an dernier qui avait permit, entre autres, de voir les Rubin Steiner mettre le feu au CEDAC, les organisateurs remettent ca cette année avec une programmation toujours pointue, en s'offrant même une petite escapade hors les murs vers les pierres antiques des arênes de Cimiez.
C'est dans ce cadre unique que débutèrent les hostilités avec en warm up un DJ FOOD en selector eclecti-cool pour siester tranquille sous les oliviers des jardins du musée Matisse.
Puis vint JAMIE LIDELL le petit prodige de chez Warp qui fit remuer le popotin des fashionistas locales en aller-retours incessants entre la soul-gospel de son dernier album et des bidouillages moogiens kitschissimes dignes de Pierre Henry.
Seul sur scène, le bonhomme touche-à-tout déploie un max d'énergie pour assurer à la fois la programmation en live de tous ses engins déments sans oublier de faire son show-man surexcité !
Pour cloturer cette première soirée, le live trés attendu d'un "super-groupe" au line-up légèrement décalé: Les CHATEAU FLIGHT, j'ai nommé le régional de l'étape DJ GILBR et son compère I-CUBE, aggrémentés de BERTRAND BURGALAT aux claviers et MAGIC MALIK on the flute.
Autant le dire tout de suite, ce set fut assez décevant car un brin approximatif et entaché de galères techniques.
On se demande encore ce que venait faire Burgalat au milieu, même lui avait l'air de se le demander tant il faisait un peu tâche au milieu des autres avec ses pouet-prouts vintages.
Malik aussi avait l'air dubitatif mais pour des raisons inverses; Techniquement, il surpassait largement ses petits camarades.
Quand à l'ensemble général du concert, ce fut un mix improbable entre la deep-house de Chateau Flight, les incursions world de Malik et les kitcheries de Mr Tricatel, un télescopage de plusieurs univers peu habitués de se voir réunir.
Le second soir décelait LA perle de cette programmation avec la venue ultra-confidentielle et au combien rarissimme du cultissimme batteur de Can, JAKI LIEBEZEIT en personne, accompagné pour l'occasion de BURNT FRIEDMANN aux machines et de HAYDEN CHISHOLM au sax.
Les quelques inconditionnels qui avaient fait le trajet jusqu'au CEDAC, bien que conquis d'avance de retrouver leur idole, ne furent tout de même pas déçus et restèrent focalisés tout le long du concert sur le jeu métronomique de cette légende vivante qui n'a rien perdue de son efficacité carrée qui écrit les plus belles rythmiques de l'histoire du Kraut-Rock.
Il ne faudrait pas oublier tout de même les envoutantes mélodies ambient de son jeune compatriote qui nous embarqua dans des transes enfumées quelque part entre Eno et Fennesz.
Un moment inoubliable qu'on regrette de ne pas avoir gravé sur bande tant cet instant paru unique.
Bien que les fans de base aient fuit les collines de Cimiez l'oeil embué et les oreilles extasiées, quelques inconscients restèrent au CEDAC en cela convaincus par les louanges des organisateurs sur le groupe inconnu qui allait oser succéder aux magiciens germains.
Et bien leur a pris tant la prestation hallucinée du trio parisien NÔZE restera a jamais comme l'autre grand sommet de cette seconde édition.
La trentaine de courageux qui assista a cette prestation tardive ne doit pas encore s'en être remis.
Imaginez ce que pourrait donner le mariage incongru entre un piano à queue préparé, un Moog acid, un saxo free-jazz et des rythmiques house, le tout joué par trois dingues sous l'emprise d'alcools forts et de substances louches ?
Tout sauf de la soupe à la mode Saint-Germain (des prés), mais lorgnez plutôt vers un cocktail lytique entre, d'un coté la crême des Jazzmen maudits (Sun Ra, Ayler, Mingus) et de l'autre la fine fleur de la nouvelle vague Micro-House (Herbert, Soft Pink True, Akufen, Losoul, ...).
Et le pire est que ce mélange blasphématoire prend divinement bien et que la trentaine de Nicois présents furent immédiatement envoutés par les incantantions diaboliques assénés par un pianiste aux mêmes yeux fous qu'un Jack Nicholson sous l'emprise du Shining et par celles de l'homme-machine possédé qui éructait des psalmodies sataniques sous ses faux airs de Poelvoorde à qui l'on n'aurait pas confié son gamin.
Nul doute que ce trio est promis à un grand avenir et n'en restera pas à finir d'obscurs festivals dans de minuscules salles municipales.
On rêve de retrouver leurs beats sur d'hypothétiques dance-floors et de voir la masse de leurs fidèles enfler telle une excroissance mutante de ce que pourrait devenir la musique du 21ème siècle !
Par Jeff
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Publié dans : Evenements
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