Dimanche 16 mai 2004 7 16 /05 /Mai /2004 00:00
 Ce samedi fut une journée un peu mouvementée commençée par la projo du dernier film d'Asia Argento dans la Quinzaine des réalisateurs "The heart is deceitful...above all things".
Que dire de ce film, sinon qu'il provoque en nous un profond malaise et que l'on sort souillés de cette projection tant cette histoire de mère junkie et prostituée qui entraine progressivement son fils de 11 ans dans la déchéance et la dépravation la plus totale nous plombe comme une chappe de béton armé !
Pas facile de sortir de là et d'affronter le soleil blafard qui plombe lui aussi à sa manière cette Croisette de pacotille.
Heureusement, on revient vite à la réalité en étant engloutis dans la manif des intermittents qui croisent dans leur marche des festivaliers effrayés en tenue de soirée qui courent pour ne pas rater leur montée d'escalier comme si leur sort en dépendait...
Ambiance surréaliste que l'on ne rencontre qu'ici, surréaliste mais surtout affligeante et déroutante.
Comment s'y retrouver et faire la part des choses dans ce maelstrom microclimatique ou la planete entière se retrouve sur quelques patés de palaces dans tout ce qu'elle a de paroxystique.
Un véritable vortex d'images qui sature les rétines et surtout les consciences...
Imaginez une cohabitation forcée entre des professionnels de la profession qui viennent vendre et acheter des futures distributions à coup de millions de dollars dans des suites feutrées, des profiteurs qui courent comme des possédés à la chasse au carton magique qui les fera accéder à une soirée privée ou, au pire, à une montée de marches, des intermittents en colère qui commencent à baisser les bras, affligés devant ce carnaval d'indifférence générale, justes bons a se faire tabasser comme des malpropres par les CRS locaux complétement à cran et qui n'attendaient que cela, des Cannois pur jus qui ne pensent qu'à récupérer rapidement leur ville abandonnée durant 10 jours à ces envahisseurs, des touristes lambda qui viennent au spectacle de la rue comme s'ils allaient voir une nouvelle attraction de zoo, et enfin de vrais cinéphiles comme nous qui essaient tant bien que mal de dégotter quelques perles rares du cinéma indépendant et qui n'oublient pas que Cannes, c'est avant tout, et même si on a de plus en plus tendance à l'oublier, un festival de CINEMA !
Par Jeff - Publié dans : Cinéma
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Samedi 15 mai 2004 6 15 /05 /Mai /2004 00:00
 Le film du jour:

Dès le second jour de la Quinzaine des réalisateurs, voilà la première grosse claque de cette sélection, j’ai nommé "The taste of tea" du japonais Ishii Katsuhito.
Illustre inconnu de 37 ans (ses 3 premiers films n’ont pas vraiment été distribués chez nous), le bonhomme venait à Cannes avec tout de même une sérieuse carte de visite qui lui a permis de drainer un mini-buzz autour de son film : il a réalisé le manga inséré dans Kill Bill 1
Mais tous ceux qui pensait assister durant 2h30 à la suite de cette animation ultraviolente, ont du être sérieusement déçus, pas les autres !
En effet, et il l’a lui-même confirmé à la conf de presse, il a volontairement voulu prendre le contrepied de l’ultraviolence en réalisant son dernier film, et cela pour " se détendre un peu " de cette commande Tarantinienne…
L’originalité de ce film OVNI repose sur un savant dosage entre des scènes oniriques d’une sublime beauté émotionnelle émaillées de plans fixes picturaux évoquant la nature et le Japon traditionnel, avec d’autres scènes d’hallucinations beaucoup plus expérimentales et surréalistes bourrées d’effets spéciaux, le tout agrémenté tout du long par un ton humoristique à la limite de la folie furieuse !
Et ce mix des genres, pourtant risqué, prend à la perfection et provoque en nous une profonde jubilation à tel point qu’à la fin des 2h30 on en redemande et on a envie de se procurer au plus vite la filmographie complète de ce jeune surdoué qui, espérons le va rapidement percer en dehors des rives de son île…
A la fin de la conf il nous a promis un prochain film de 3h entièrement basé sur une succession de gags, et au vu de ce qu’on vient de découvrir là, gageons sur une avalanche de fous rires nerveux tant son sens de l’humour est décalé et barré.
A la fin de la projo / débat, on a même eu le privilège de se siffler une mousse avec Ishii, très disponible et humble, presque géné par ce chaleureux accueil cannois , qui nous a confié ses anecdotes sur sa rencontre avec Tarantino.
L’un est président du jury, l’autre circule dans Cannes en parfait anonyme, tout "surpris d’être là" (sic).
Gageons que son mentor va lui porter chance…
En tout cas, après avoir vu "The taste of tea" dès le second jour, pas évident de visionner d’autres films après celui-là tant la barre a été placée haute…
Notre prix de la Quinzaine est déja décerné, dommage pour les autres !
Par Jeff - Publié dans : Cinéma
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Samedi 15 mai 2004 6 15 /05 /Mai /2004 00:00
 Impressions sur le vif de la conf de presse de Kusturica par O.:

Voir Emir Kusturica en interview c’est comme assister au spectacle d’un showman désabusé, fatigué de la guerre dont il parle encore et toujours, qui tourne sans cesse en dérision le tragique pour oublier ses blessures ("Quand on veut mentir, il n’y a rien de mieux pour commencer une phrase que de dire : " Pour être honnête avec vous, je dirais…"). L’homme est avare de sourires, on le sent en total décalage avec ce contexte cannois qui l’a révélé il y a 15 ans et, il ne s’en cache pas, la musique a pris une place primordiale dans sa vie et c’est à son groupe qu’il s’est consacré ses 6 dernières années. Il revient donc à Cannes, taciturne, pince-sans-rire, et la traductrice déploie toute son énergie à rire bruyamment à sa place. Lorsqu’il parle des problèmes de communication entre les gens, aujourd’hui limités par un conditionnement Nokia (sic), la salle se gausse doucement mais on sent qu’il ne visait pas cette réaction-là, qu’il pense vraiment à l’incommunicabilité des êtres. Tout est silence dans ce forum, on sent que le bruit est ailleurs, dans ses films hauts en couleurs, la fureur est contenue car il n’y a pas lieu de l’exhiber dans cette atmosphère de café cosy, dans la ville du Festival des Stars où les paillettes sont de mise. Lui est ailleurs, dans le chaos de son pays, figé dans le temps, 10 ans en arrière, le rebelle qui veut survivre comme si le temps lui est compté, avec des riffs de guitare et la "punk attitude" du Sarajevo 92.(O.C.)
Par Jeff - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 13 mai 2004 4 13 /05 /Mai /2004 22:35
 Rien d’exceptionnel à formuler sur ce deuxième jour de compète.
Pour cause de projet professionnel à finir pour demain (et oui, ce n’est pas avec ce blog que je compte bouffer à la fin du mois), je n’ai pas encore eu le temps d’étrenner mon accrédite toute rutilante.
J’ai raté de peu la projo de "The taste of tea" de Ichii Katsuhito qui faisait l’ouverture de la Quinzaine, mais je me rattraperai demain à la séance de rattrapage …
Apparemment, ce film déjanté et surréaliste réalisé par l’auteur du Manga dans Kill Bill 1, était le point culminant cinéphilique de la journée, du même ordre que la montée des marches de Mr et Mme Aniston l’était dans la catégorie buzz médiatique (on peut pas jouer sur tous les tableaux).
Ce soir, ressuçée de la party Almodovar d’hier soir sur le port.
Visiblement il leur restait un reliquat de feux d’artifices à faire péter…
Demain, grand moment, début des choses sérieuses dans la compète officielle avec le nouveau Kusturica qui devrait mettre son grain de folie dans ce début de festival qui a un peu de mal à partir, la faute à la pluie peut être …
Avec un peu de chance, je posterai quelques bribes de sa conf de presse d’aujourd’hui à laquelle à assisté ma suppléante !
Par Jeff - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 12 mai 2004 3 12 /05 /Mai /2004 22:36
 Ca y est, c'est reparti pour le grand raout cannois, qui ne connait pas Raout ?
Alors que le soleil brillait sur Cannes depuis quelques temps (et oui, je suis descendu en repérage un peu plus tôt que les autres), la pluie a fait son apparition juste pour l'ouverture, ce qui a du ravir tous les parisiens qui n'ont pas fait le voyage ...
C'était bien cela le principal souci des organisateurs aujourd'hui vu qu'hier, les intermittents ont levé leurs menaces d'assombrir le ciel cannois (dixit Nice-Matin), ce qui a soulagé les commerçants locaux qui commencaient à s'inquieter pour leur chiffre d'affaire !
Cette première journée a commencé de manière trés studieuse cette après-midi, par un colloque anti-piraterie où certaines personnalitées du cinéma ont tiré le signal d'alarme à l'encontre des "cyber-sauvageons".
Outre la toujours pompeuse cérémonie d'ouverture, l'événement du jour fut la projection en ouverture hors-compet du dernier Almodovar, qui démarre trés fort la sélection avec un film sur des relations pédophiles dans un internat catholique, histoire de se mettre en bouche doucement mais surement pour une dizaine de jours qui s'annoncent agités !
Histoire aussi de lancer le premier buzz sur la Croisette en la personne de Gael Garcia Bernal, nouveau jeune premier espagnol à la mode... en attendant l'artillerie lourde troyenne demain amenée par un ex-jeune premier qui risque de mettre les abords du palais à feu et à sang, bravant la vedette à ces pauvres intermittents qui, je l'espère vont vite reprendre du poil de la bête !
Voila en gros les news du jour.
Vu d'ici, pour le moment c'est assez calme, un peu comme si la tempête n'allait pas tarder ...
Niveau sorties, pas eu le courage d'affronter la soirée "King of rock" au Palm Beach malgré les Chicken Lips... le flyer néo goth-métal a eu raison de mon estomac !
A demain ....
Par Jeff - Publié dans : Cinéma
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